Facebook, super puissance politique d’un nouveau genre


S’il y’a un secteur complètement bouleversé par la transformation digitale c’est bien celui des médias.

Wired nous raconte cette semaine dans un très bon article le blues des médias qui se retrouvent doublement dépendants des plateformes sociales et notamment de Facebook (voir This was the year media started doubting the web ). Une dépendance tout d’abord dans l’accès aux lecteurs, puisque c’est de plus en plus via Facebook notamment que l’on accède aux articles. Une dépendance économique ensuite puisqu’avec le développement rapide de l’ad blocking leurs sources de revenus sont aussi Facebook dépendantes puisque sur Facebook les ad blockers ne fonctionnent pas pour l’instant.

Ces transformations font de Facebook une puissance économique ET surtout politique de 1er rang.

Le fait d’être la porte d’accès aux médias, mais aussi son audience massive et le fait que son principe de base est de faire communiquer ses membres entre eux lui donnent une dimension que n’ont pas les autres GAFA: celle d’une institution politique d’un nouveau genre et colossale.

Les médias ont toujours été des acteurs de l’échiquier politique parfois très puissants. On se souvient de Bob Woodward et Carl Bernstein, les 2 journalistes du Washington post à l’origine du watergate et de la démission  de Richard Nixon de la présidence des États Unis. On se souvient aussi du récit de Pierre Péan sur l’histoire du TF1 des Bouygues qui s’étaient dotés du 1er média français pour pouvoir manipuler à souhait la classe politique nationale.

Avec Facebook on entre dans une nouvelle dimension de la puissance politique d’un media.

Pour la 1ère fois nous sommes face à un acteur mondial et non plus national, et qui plus est mondialement dominant.

Pour la 1ère fois nous sommes face à un acteur qui n’est pas un media dominant mais qui place l’ensemble des médias en situation de dépendance.

Pour la 1ère fois nous sommes face à un acteur grâce auquel les mouvements politiques peuvent se créer, se développer, prospérer.

Pour la 1ère fois enfin nous sommes face à un acteur qui dispose d’une information colossale et exploitable sur son milliard d’usagers.

Pour le pire ou, espérons le, pour le meilleur, à un moment où le monde politique doit lui aussi se transformer profondément, pour la survie de tous, pas seulement la sienne.

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