Google, la presse et le partage de la valeur

Le 1er février dernier, Google et l'association de la presse française d'information ont annonçé un accord historique. Google y accepte d'octroyer 60 millions d'euros à la presse française  d'information pour aider celle ci à innover et développer sa numérisation.

Cet accord a fait suite à de longues négociations. A l'origine de celles ci, la presse française considère que Google lui a subtilisé une partie de la valeur qu'elle crée en profitant de son contenu pour attirer ses usagers (via Google actualités notamment) et en monétisant à son seul profit cette audience. Résultat: 1 milliards d'euros de manque à gagner pour la presse française d'information qui correspond au chiffre d'affaires de Google en France. Et l'association de réclamer un partage de la valeur perçue aujourd'hui par Google.

Le sujet est à la convergence du business, des mutations profondes du paysage media, des implications que celles ci peuvent avoir sur la société et du rôle que les entreprises et les états doivent jouer dans ce cadre. Donc un sujet fascinant.

 D'un point de vue business tout d'abord, la revendication de l'association est bien sûr injustifiée. La valeur captée par Google n'est en aucun cas créée ni même co créée par les marques d'informations:

– Google ne tire que marginalement son succès d'audience de requêtes sur l'actualité.

– Son offre publicitaire apporte une valeur ajoutée  significative, mesurable et spécifique par rapport à celles proposées par les marques media d'information (elles mêmes pertinentes pour d'autres objectifs de communication).

– Google est un pourvoyeur d'audience et donc de business pour les sites des marques media.

Si en revanche on observe le sujet d'un point de vue sociétal, la donne est différente. La digitalisation du paysage media met en danger les marques media d'informations. Dans ce cadre, elles ont eu tout d'abord un 1er enjeu qui a été de développer des assets digitaux et d y attirer une audience massive. Plusieurs d'entre elles y sont parvenues avec brio (Le Figaro, Le Monde, 20 minutes, …). Le 2ème enjeu, celui du modèle économique, n'a en revanche pour le moment pas été véritablement résolu. Les marques media d'informations ne parviennent pour le moment pas à compenser le chiffre d'affaires en baisse sur leurs supports offline par les revenus générés sur le digital. Ce qui les met en danger. Or ces acteurs ne sont pas seulement des entreprises. Ils sont bien sûr aussi des acteurs clés de la démocratie en constituant un contre pouvoir potentiel au pouvoir politique. La menace que fait peser le digital sur ces journaux est donc très grave.

Et c'est sur ce rôle sociétal qu'Eric Schmidt s'est appuyé pour justifier l'engagement de Google. Google a besoin de stabilité politique sur ses principaux marchés donc de contre pouvoirs forts. Plus prosaiquement, Google a aussi besoin pour son business que les marques media d'information sachent adapter au mieux leur contenu à ce nouvel environnement digital pour que toujours plus de monde s y connecte, toujours plus souvent et toujours plus longtemps. L'engagement de Google dans le cadre de l'accord conclu n'est d'ailleurs pas que financier. La firme de Mountain view y met aussi ses ressources et son expertise à disposisition gracieuse des marques media pour qu'elles puissent innover sur le digital et trouver un modèle économique vertueux.

Cette démarche incarne une autre définition du partage de la valeur que celle revendiquée par les représentants de la presse d'information. Celle développée par Michael Porter dans un article publié il ya 2 ans dans la Harvard Business Review: Creating shared value.

Ce que Michael Porter y dit en résumé est illustré par ce que Google revendique dans le cadre de cet accord: pour continuer à prospérer, les entreprises doivent dépasser leurs seuls intérêts immédiats, prendre en compte l'ecosystème dans lequel elles se trouvent et chercher à prendre en compte et servir les intérêts de différentes parties prenantes qui le constituent et donc contribuer au développement de ce qui les entoure au delà de leurs enjeux propres. 

Une démarche donc très moderne et smart de la part de Google.

 
Google-evil

Une démarche certes moderne et smart mais dont Google n'a pas été l'initiateur unique.

Dans son article Michael Porter insiste sur le fait que cette démarche de partage de la valeur doit être l'initiative des entreprises et qu'elles ne s'en porteront que mieux. Or dans le contexte de cet accord, les négociations ont duré plusieurs mois et n'ont pu aboutir que grâce à la pression exercée par l'Etat Français. Un partage de valeur et une défense des intérêts d'un acteur clé de l'ecosystème media et politique qui n'a pu se réaliser que grâce à l'intervention publique, qui a donc jouer un rôle essentiel. Et donc qui apparait comme l'acteur décisif de la préservation de ce type d'équilibre.

Ce sachant bien sûr que le gouvernement a un intérêt qui lui est propre dans ce cadre: celui de soutenir/défendre un organe qui contribue à forger son image auprès des électeurs.

Complexe monde… 

Une réflexion au sujet de « Google, la presse et le partage de la valeur »

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