Web 2.0: à propos du livre d’Andrew Keen

Une polémique est née aux USA cet été autour de la sortie du livre d’Andrew Keen, The cult of the amateur.
Ce dernier, enfant du web 1ère génération, y critique vivement le web 2.0 qui ferait peser de graves menaces sur la culture et l’économie des médias et de l’entertainment. Selon lui en effet, le web participatif innonderait la toile de propos superficiels et faux. Il faciliterait le plagiat, la manipulation de l’information et mettrait en danger les acteurs « institutionnels » en leur volant leur audience, leur contenu et en masquant la vérité et la profondeur dont ils auraient le monopole.

Le livre est intéressant parce qu’en mettant en cause un phénomène qui fait l’objet d’un large consensus positif, il fait se poser des questions sur celui ci. Je rejoins certains points d’Andrew Keen comme les risques liés au manque de fiabilité de l’information et à la manipulation que facilite le web 2.0. Je ne partage cependant pas la plupart de ses autres points de vues.

Par rapport à la menace que fait peser le web 2.0 sur la culture, je pense qu’Andrew Keen se trompe pour deux raisons.
La première est qu’il surestime le rôle des médias traditionnels dans ce domaine. Les groupes médias les plus puissants (ceux donc les plus influents) n’ont pas attendu la naissance de la blogosphère pour produire de la superficialité. Celle ci est liée au fait qu’ils n’ont pas comme objectif de cultiver leur audience mais de maximiser leur profit. Pour y parvenir, la plupart ont un modèle économique basé sur la pub qui les pousse à poursuivre des stratégies de programmation visant à attirer la plus grande audience. Pour y parvenir, ils se doivent d’adapter le contenu qu’ils délivrent aux attentes du plus grand nombre, ce qui aboutit à un contenu tout aussi peu enrichissant intellectuellement que la plupart du contenu émanant du web 2.0.
L’autre raison pour laquelle je ne partage pas ce point de vue d’Andrew Keen est qu’il considère que seuls les journalistes ont l’expertise nécessaire pour avoir des propos pertinents sur quel que sujet que ce soit. C’est bien évidement faux. Un journaliste intervenant sur le marketing par exemple sera la plupart du temps moins pertinent qu’un professionnel confirmé de ce domaine. Or le web 2.0 permet aux experts de prendre la parole auprès du plus grand nombre. C’est donc clairement une source potentielle d’enrichissement intellectuel.

Par rapport à la menace que le web 2.0 fait peser sur l’industrie des medias et du divertissement, celle ci est probablement réelle pour l’industrie du disque qui doit inventer de nouveaux modèles économiques pour continuer à prospérer. Pour les médias en revanche la menace est selon moi moins grande. Ils doivent certes s’adapter aux nouvelles technologies et aux nouveaux modes de consommation, mais ils possèdent un certain nombre d’atouts pour surnager dans ce brouhaha et continuer à capter une large part de l’audience. Ces atouts sont leurs marques, leurs droits, leur expertise et leurs moyens financiers. En outre le modèle économique dominant du web est le même que celui qu’ils maîtrisent: la pub.

Des extraits du livre d’Andrew Keen en cliquant ici

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