Google, par delà le bien et le mal

Avec le rachat de Youtube pour plus de 1.6 milliards de dollars, Google fait la une de nombreuses gazettes depuis quelques jours. C’est notamment le cas de Courrier International cette semaine avec une revue d’articles plutôt intéressants mais exprimant tous une certaine anxiété vis à vis du succès et du poids grandissant de la société de Mountain View.

Il est vrai que Google est aujourd’hui le moteur de recherche archi dominant (grosso modo la moitié des requêtes aux US et 85 à 90% en France par exemple), un acteur majeur en devenir de l’industrie publicitaire et que son influence dépasse potentiellement le monde du business compte tenu de la richesse d’informations dont la société dispose sur les individus et de la même richesse d’informations qu’elle peut ou non leur apporter.

Mais si son influence déborde largement le monde économique,Google est avant tout là pour faire du business. Cet objectif prioritaire a un certain nombre d’implications.

C’est tout d’abord à première vue difficile d’accepter d’assimiler Google à un potentiel big brother. La richesse d’informations dont dispose la société sur ses utilisateurs a essentiellement une valeur marchande et il est difficile d’imaginer qu’elle puisse être utilisée dans d’autres optiques. Google a cependant une telle puissance que les états sont une des parties prenantes stratégiques auxquelles elle doit faire face. Et le récent incident chinois montre que Google peut malgré lui et au nom d’objectifs commerciaux (se maintenir sur le marché chinois) jouer au big brother.

Le deuxième type d’implication est que la promesse de ses deux fondateurs, "don’t be evil", n’a aujourd’hui aucune réalité. Quand par exemple il finance la distribution d’ordinateurs portables en Afrique, il est évident que Google cherche à soigner son image auprès de ses différentes cibles tout en équipant un nouveau marché. Quant par ailleurs il faut bafouer les droits de l’homme pour préserver une présence en Chine, le slogan favori de Sergey Brin et Larry Page est vite oublié.

La troisième implication est que la société californienne se doit de concevoir des modèles économiques alternatifs à la publicité. Celle ci représente en effet 99% des revenus de la société et comme l’industrie de la communication peut subir des cycles parfois violents, la perennité de la bonne forme Google passe par une diversification de ses activités. Le rachat de Youtube montre d’ailleurs que cette nécessité a été prise en considération du côté de Mountain View. Alban Martin l’a brillamment expliqué au cours d’une interview acordée à Silicon Sentier, dont voici le lien:  Interview Alban Martin. Ce qu’il dit en raccourci est que le rachat de Youtube à un tel montant ne sera pas seulement rentabilisé par la publicité mais aussi par la capacité à identifier de nouveaux talents et à en tirer profit en facilitant leur médiatisation.

Google est donc une société presque comme une autre qui, avant le bien, cherche à faire du profit et y est parvenu avec brio en un temps records. Les services qu’elle propose et sa puissance lui imposent des enjeux politiques et sociaux qui seront peut être une des clés de son avenir.

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